La protection juridictionnelle des droits fondamentaux en contexte de crises sécuritaires est au cœur du colloque
des 21èmes assises statutaires de l’Association Africaine des Hautes Juridictions Francophones auxquel prennent part des magistrats des hautes juridictions membres de l’AAHJF, des représentants des juridictions communautaires régionales, ainsi que des praticiens du droit et des experts en droit venus des universités africaines et françaises. Les travaux de ces assises ont été ouverts le lundi 16 février 2026 à l’hôtel Sofitel de Cotonou par Madame la Vice-Présidente de la République, en présence des présidents d'institutions et d'éminentes personnalités de la République.
N’eût été le malheureux événement de tentative de renversement de l’ordre constitutionnel survenu au Bénin le 7 décembre 2025, ces assises, pour lesquelles certains participants foulaient déjà le sol béninois, auraient pu se tenir le 8 décembre 2025. Elles ont dû être reportées surtout à cause des annulations de vols à destination de Cotonou.
Ne pouvant passer sous silence ce malheureux épisode de l'histoire du Bénin, le Président de la Cour suprême, Victor Dassi ADOSSOU, également Président du Conseil d’administration de l’Association, a condamné avec fermeté ce qu’il a qualifié de « distraction » et de « plaisanterie de mauvais goût » d'un groupuscule de soldats en rupture de banc et a tenu à rassurer les délégations présentes que le Bénin, profondément attaché aux valeurs démocratiques qui fondent son système de gouvernance, demeure une terre d’accueil et d’hospitalité où règne la sécurité et l'État de droit.
Il a, à cet égard, salué la bravoure des forces de défense et de sécurité nationales ainsi que celle du Président de la République, avant de relever, ce qui apparaît tel un secret de polichinelle, que l’espace francophone africain est confronté, depuis plus d’une décennie, à une multiplication de crises sécuritaires de toutes natures, allant du terrorisme aux cybermenaces, en passant par des putschs militaires.
Ces situations, a-t-il souligné, fragilisent les institutions républicaines, mettent à rudes épreuves les structures judiciaires et ébranlent les fondements mêmes de l’État de droit. Et c'est précisément pour nourrir une réflexion approfondie sur ces enjeux que le thème « La protection juridictionnelle des droits fondamentaux en contexte de crises sécuritaires » a été retenu pour les travaux de ces 21èmes assises.
L'enjeu est donc grand et les regards sont tournés vers les recommandations de ces assises de Cotonou. Les participants sont alors appelés à mener au cours de ces travaux, des réflexions croisées permettant d’examiner la cartographie des défis sécuritaires propres aux différents États, d’identifier les mécanismes juridictionnels les plus efficaces en matière de protection des droits fondamentaux et de formuler des recommandations opérationnelles aptes à concilier impératifs sécuritaires et préservation des libertés. Ces assises entendent ainsi offrir un espace de réflexion apaisé, interdisciplinaire et résolument orienté vers la consolidation de l’État de droit.
L’Organisation internationale de la Francophonie, que le Président Victor Dassi ADOSSOU a remerciée pour son accompagnement et son soutien financier aux activités de l’AAHJF, s’est également réjouie de la pertinence des thématiques d’actualité sur lesquelles l’Association convie, avec courage et responsabilité, magistrats et experts à la réflexion. Son représentant a dit toute la fierté qu'éprouve l'organisation aux côtés de l'AAHJF.
Pour la Vice-Présidente de la République du Bénin Mariam CHABI TALATA ZIME, représentant le Chef de l’État, l’AAHJF est un véritable laboratoire d’idées, un espace d’échanges techniques et un cadre structurant pour les réformes judiciaires sur le continent africain. C’est afin de lui permettre de poursuivre pleinement cette mission au service du renforcement de l’État de droit en Afrique que le Gouvernement béninois lui apporte son soutien, a déclaré madame la vice-présidente de la République souhaitant pleins succès aux travaux.
La conférence inaugurale, présentée en panel par la Professeure Dandi GNAMOU, Présidente de la Haute Cour de justice du Bénin, Jean-François AKANDJI-KOMBE, Professeur de droit dans les universités françaises, et Jean-Paul JEAN, Président honoraire de chambre à la Cour de cassation de France et Président du Conseil scientifique de l’AHJUCAF, a eu le mérite de lancer le débat autour du thème.
Les communications de la journée ont, elles aussi, mis en évidence toute l’actualité, la pertinence et l’audace du sujet retenu. Les travaux se sont poursuivis mardi avec d’autres interventions tout aussi riches que les précédentes.
Cell.Com. Cour suprême










